Dans le caclre du Maghreb, l’originalité de l’Algérie tient dans les traumatismes de la colonisation de peuplement et de la guerre d’indépendance qui fut aussi une guerre civile. Dès la fin de la guerre d’Algérie, l’Arrnée de libération nationale prend le pouvoir. L’oligarchie qui en émane a joué un rôle déterminant dans le devenir linguistique du pays. Le nouvel État poursuit le processus de décolonisation, avec une volonté de refonte et d’unification de la nation algéIienne il choisit l’Islam pour religion et l’arabe pour langue il s’emploie à effacer la dépendance cul turelle vis- à- vis de l’anclenne puissance coloniale Le colonel Houari Boum어iène, amené au pouvoir par un coup d’Etat en 1965, lance les premières campagnes d’ arabisation elles ont pour but de poursuivre la lutte anticapitaliste et de soutenir la construction d’un Etat islarnique sur la base du sociaJisme. La langue qui s’llllpose n’est pas le dialecte algérien mais l’arabe coranique. L’arabisation a d’abord logiquement commencé par le système scolaire, puis par l’administration (obligation pour les fonctionnaires de connaitre l’arabe dit classique) et les médias Pour remédier aux manques d’enseignants, l' Algérie a fait appel aux pays arnis, notarnnlent I'Egypte, la Syrie et l’Irak. Ceux- ci ont expedié en masse des instituteurs militants, souvent proches des << Frères musulmans >>. C'est sous leur influence que la leunesse algérienne a pu s' irnprégner des valeurs islarniques en se préoccupant, de manière secondaire, d’accroitre le niveau de connaissance et les savoirs des apprenants. Ces enseignants étrangers étaient connus pour peu comprendre le dialecte algérien. La politique linguistique d’arabisation a aussi suscite de profondes tensions dans la popuJation. En particulier les Berbères, dont la langue ne se rattache pas à l’arabe, s’opposèrent le plus à l' arabisation Oa Kabylie était aussi la plus ancienne région d’émigration vers la France). Leur résistance s ’exprima dans l’usage exclusif du berbère et du français dans tous les lieux publics, comme les cafés, les hôtels, les restaurants et les bureaux ad.ministratifs. Une autre hostilité vint des milieux intellectuels francophones qui, pour beaucoup, quittèrent le pays pour rejoindre la France et le Canada. Aujourd’hui, J'idée est répandue que l’arabisation du pays, voulue par le président Boumediène, a été contreproductive pour le développement de l’Algérie. La politique a été un outil idéologique au service de son maintien au pouvoir, sans réflexion sur l’histoire ethnique et culturelle, et surtout, sans même avoir de véritable dynarnique pédagogique. L’identité arabo berbère de l’Algérie implique une réflexion sur un champ de connaissance plus réduit que celui de la civilis ation islarnique dans son acception la plus large. Cette réflexion our l’état de l’arabisation implique une double approche pedagogique et cuJturelle de l’lústoire linguistique du pays.
I. 들어가는 말
II. 탈식민화 정책과 언어 · 교육 정책
III. 1970년대 아랍어정책과 소수어/문화
IV. 맺는말
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