Ionesco est le produit de deux cultures. C’est à la fois un privilège et une calamité. De père roumain et de mère française, il a été exposé à deux façons de penser, de voir, de sentir, deux systèmes de signes qui s’entrechoquent. bref, ce sont deux façons d’être. Désormais la biographie de Ionesco se confond avec le destin de son théâtre. Ionesco trouve dans le dialogue une forme d’expression qui correspond à ses conflits intimes. Elle lui permet de traduire les contrdictions de son expérience. C’est la crise du langage : divorce entre l’être et la pensée. La pensée, vidée de 1’être, se dessèche, se rabougrit, n’est plus une pensée. On peut parler sans penser. Il y a pour cela à notre disposition les clichés, les automatismes. L’éclatement de la personnalité s’accompagne de la dislocation du langage. La parole n’est plus un code de communication. En tout cas Ionesco, en raison de son bilinguisme pouvait sentir mieux qu’un autre que transcrire une expérience, c’est toujours la trahir. Son théâtre joue de la destruction et de la restitution du langage. Dans certaines pièces, Ionesco représente des scènes de rêve qu’il même à l’action dramatique. Ainsi le spectateur ne les repère pas comme telles instantanément. Les personnages rêvés semblent aussi réels que les protagonistes du drame. Ils prennent une allure onirique si bien que la frontière entre rêve et réalité vacille. On y voit l’onirisme et l’insolite. L’émotion créatrice est dans la pensée d’Ionesco, intimement dépendante des rêves. Mais qu’est-ce que Ionesco entend par rêves? Ce qu’il en dit convient aux rêves de l’homme endormi comme à ceux du rêveur éveillé. On lit dans 〈Entre la vie et le rêve〉 : “Rêver, c’est penser et c’est penser d’une façon beaucoup plus profonde, plus vraie, plus authentique parce que l’on est comme replié sur soi-même. Le rêve est une sorte de méditation, de recuillement.” D’autre part. “le rêve est une pensée en images.” Ainsi le rêve de l’envol est pour Ionesco un rêve de liberté et de gloire. C’est la négation de la pesanteur matérielle et l’affirmation d’un essor spirituel. En fin de compte Ionesco comme d’autres dramaturges contemporaines s’est efforcé de débarrasser le théâtre de la notion classique de vraisemblance. Le personnage de Ionesco, sans équivalent dans la réalité, est un être tel que le rêvaient les Surréalistes. L’utilisation de masques étranges, d’accessoires bizzares ou gigantesques, accentue parfois son aspect irréaliste. Et L’espace, toujours irréaliste, prolonge le corps du personnage. Ses fantasmes, ses angoisses, sa mort s’y projettent. L’espace est vision intérieure du personnage.
Ⅰ. 발견
Ⅱ. 언어의 비극
Ⅲ. 몽환의 글쓰기
Ⅳ. 상상력
Ⅴ. “삶과 꿈의 사이”
참고문헌
〈Résumé〉
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