Existerait-il un caractère spécifiquement féminin propre aux oeuvres écrites par des femmes? Cette question paraît problématique, car vivant à diverses époques, dans des sociétés très variées, les écrivains femmes n’ont jamais constitué une école ; et la littérature féminine n’apparaît pas, en conséquence, comme un courant bien défini de l’histoire littéraire. Les textes de Marguerite Duras, d’Oh Jung-hi permettent au lecteur de découvrir des voix se correspondant, d’une génération à l’autre, d’un continent à l’autre. La réitération de certains thèmes, le retour obsessionnel de quelques images et la structure narrative similaire, manifestent des tendances analogues dans ces trois univers romanesques. Le problème du style, le choix du thème, chez ces écrivains, ne se laissent pas dissocier de la question de la femme. Le lecteur peut ressentir un souffle de liberté souvent proche de la transgression, un désir de créer un temps, un espace propices à l’épanouissement de l’univers féminin. L’instabilité psychologique et physique caractérise, chez tous ces écrivains, des personnages rejetés aux marges de la société. Les démarcations entre eux-mêmes et l’extérieur deviennent floues et indistinctes. Ces personnages expérimentent ainsi une perte de leur identité et une relation fusionnelle avec l’autre. Les uns se réduisent souvent au reflet des autres comme s’ils étaient intégrés dans un système d’échos. Espace de résonances, les personnages se font un corps vide, investi, traversé par l’autre. Ainsi le corps tend-il à supprimer leurs traits distinctifs. 《Sac vide》, 《Trou》, il se métamorphose ou se simplifie. De la mêre façon, identifiés aux objets, morcelés, abîmés, les corps sont dépersonnalisés ou dissociés de leur origine. Cette représentation du corps inscrit la sexualité en une région indécise et mouvante. L’économie libidinale polarisée sur l’antagonisme masculin-féminin est comme invalidée. De la même façon, l’opposition radicale des valeurs et des notions, issue du dualisme traditionnel est souvent défaite, déjouée. Comme les héroïnes en témoignent, la douleur ne se trouve pas opposée à la jouissance, chez Marguerite Duras par exemple. Le vide et le plein, l’absence et la présence se rencontrent et dépassent l’antithèse fixe chez Marguerite Duras et Oh Jung-hi. Affectée, touchée par l’autre, l’écriture révèle le lien existant entre textualité et sexualité. Les configurations du corps font de l’écriture une pratique fondamentalement sexuée. Infiniment autre en lui-même, rétouché tout le temps-tel que le décrit Luce Irigaray-le texten n’est pas séparable de l’image féminine. Ainsi, refus des formes établies, ambiguïté fondamentale, les textes des femmes font retentir une voix d’une inconcevable contrée, intérieure à soi mais inconnue. Ce lieu de l’Autre est l’espace d’une parole féminine où coexistent l’hétérogénéité pulsionnelle et la musique maternelle que le langage n’a pas su retenir.
Ⅰ. 서론
Ⅱ. 본론
Ⅲ. 결론
참고문헌
〈Résumé
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