Dans le premier tiers de l’Antigone d’Anouilh, la succession des scènes est très différente par rapport à la tragédie de Sophocle. À partir de la scène du garde avec Créon, Anouilh suit presque fidèlement l'ordre des scènes de son modèle grec. Hérité de la tragédie grecque et de la comédie latine, le personnage du Prologue annonce la mort des personnages et suggère le mélange des genres. Au début, Antigone vient d’enterrer le corps de Polynice et ce n’est qu’à la fin du premier tiers de la pièce qu’elle apprend la vérité à sa soeur: Anouilh crée le décalage entre les informations du spectateur et celles du personnage. Cette ironie dramatique accentue le pathétique de la situation: Antigone supplie la nourrice de tuer sa petite chienne si celle-ci souffrait trop; elle annonce à Hémon leur séparation tout en évoquant le petit garçon qu'elle rêve d'avoir. Anouilh supprime le divin Tirésias: disparaissent avec lui les lois divines ainsi que le châtiment divin de Créon; le conflit entre Antigone et Créon devient celui entre les deux attitudes sur la vie. Si la nourrice, nouveau personnage est introduite et qu’Ismène devient aînée, c’est pour mettre en valeur la révolte d’Antigone au seuil de l’adulte. Au moment de l’arrestation, Anouilh fait intervenir le choeur: son message concerne moins l’explication sur la différence entre la tragédie et le drame que les caractéristiques existentielles de la révolte de l’héroïne. Située au coeur de la pièce, la scène entre Antigone et Créon est beaucoup modifiée: Anouilh rend leur affrontement plus équilibré. Ayant pris ses responsabilités de chef, Créon fait de son mieux pour sauver sa nièce. La révolte d’Antigone est d’ordre existentiel: fidèle à la pureté qu’elle croit absolue, elle refuse le bonheur médiocre et les compromissions du monde. L’intervention d’Ismène complique la situation et accélère la condamnation de l’héroïne. Hémon réclame l’aide de Créon disant que « la foule n’est rien ». Contrairement au peuple sophocléen, la foule devient hostile envers Antigone et l’isolement de celle-ci s’en accroît davantage. Anouilh remplace la sortie d’Antigone et ses adieux par la scène de l’héroïne avec son garde et sa lettre destinée à Hémon. Ce « petit garçon » qu’Antigone évoque dans sa lettre dictée est tiré du regret de l’héroïne grecque. Anouilh le développe pour faire un motif important dans le reste de sa plièce. Le messager vient annoncer la mort d’Antigone et d’Hémon tandis que le choeur relate la mort d’Eurydice. Ces récits sont caractérisés par l’accélération du temps de l’action: ils donnent une impression de nécessité aux événements passés tout en faisant contraste avec les réactions tranquilles de Créon et l’apaisement final: à la fin de la pièce, les gardes « continuent à jouer aux cartes ». Inspiré de l’Antigone de Sophocle, Anouilh écrit une pièce moderne en rajeunissant le conflit entre Antigone et Créon: l’anachronisme ainsi que les dialogues familiers et vulgaires contribuent à cette réécriture réussie.
1. 머리말
2. 장면 배열과 등장인물
3. 프롤로그와 극 초반부의 극적 아이러니
4. 비극에 대한 코로스의 설명과 극의 전개
5. 안티고네와 크레온의 논쟁부터 편지 장면까지
6. 등장인물들의 죽음에 관한 ‘이야기’와 결말
7. 맺음말
참고문헌
Résumé
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