Nous essayons, dans cette étude, d’examiner le sens de la diaspora exercée par l’héroïne du roman Poisson d’or de J.-M. G. Le Clézio (paru en 1997 aux éditions Gallimard) en nous appuyant sur des discours de décolonisation (notamment ceux de Frantz Fanon et d’Aimé Césaire) et de féminisme. Ce roman retrace le parcours initiatique d’une immigrante africaine, Laïla : son errance a été initiée vers l’âge de 6 ans par un enlèvement violent lors du conflit entre villages du désert en Afrique du Nord. Elle va passer son enfance chez sa maîtresse au Maroc, après la mort de celle-ci, Laïla, destinée à être dépendante d’un homme (à cause de la civilisation magrébinne qui ne respecte pas les droits des femmes) doit lutter contre la violence des hommes qui veulent tous la posséder par la force. Afin de s’échapper de son destin d’esclave, Laïla se rend en France et ensuite aux États-Unis : toujours en quête de liberté et quête de soi, cette pauvre fille noire est forcée d’immigrer d’un pays à un autre pour trouver un endroit sur la Terre où elle peuve enfin vivre librement sans aucune oppression. Comme presque toutes les immigrantes de couleur, abandonnées par leur propre fanùlle en raison d’extrême pauvreté, Laïla se retrouve souvent dans des situations précaires dans les nouveaux pays et sa fuite débouche sur une impasse. Elle souffre sans cesse de la civilisation occidentale dominée par des hommes blancs ‘barbares’ et oppressants, et qui lui pousse toujours partir ailleurs. L’auteur de Poisson d’or présente le livre de Franz Fanon, Les damnés de la terre comme guide de l’itinéaire identitaire pour l’héroïne. L’ouvrage est transmis de Hakim, étudiant parisien d’origine sénégalaise, à Laïla, et à la fin légué à l’infinnière américaine descendante indienne Nada Chavez : ce livre semble témoigner l’histoire de colonisation et de décolonisation. Nous pensons que ce roman montre une nouvelle vision féministe dans le discours de décolonisation dans la mesure où Laïla parvient à reconstruire son identité propre en tant qu’africaine autonome et indépendante en surmontant sa négritude défigurée par le colonialisme et le racisme, grâce à la détermination du soi et à la solidarité férninine. Laïla, devenue musicienne, arrive à exprimer fièrement, sans aucune complexe, son âme africaine à l’aide de sa musique originale, mélange de la musique créole et du jazz américaine enseignés par “des soeurs noires” qu’elle a rencontrées sur le chemin de la diaspora. En retournant dans le désert en Afrique, le pays de sa mère et en même temps son lieu de naissance, Laila aboutit enfin à la reconnaissance de soi et réussit à vaincre toutes les discriminations (de sexe, de race, de nationalité, d’idéologie, de statut social, etc.). Le Clézio nous livre un espoir des immigrantes de couleur dans Poisson d’or: l’héroïne incarne une africaine libre qui construit et choisit sa vie, fuyant tous les conditionnements, rejetant les conformismes, opérant toujours les choix qui n’abandonnent pas sa liberté, choisissant le mode de vie qui engage l’image la plus positive de l’humanité. L’écrivain critique le rationalisme européen (ou occidental) qu’implique la mort de la conscience individuelle au profit des structures collectives et continue
1. 들어가며
2. 라일라의 정체성 : 탈식민주의
3. 라일라의 이주 : 네그리튀드와 디아스포라
4. 라일라의 성장 : 페미니즘
5. 마치며
참고문헌
〈Résumé〉
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