À l'occasion du centenaire de Du côté de chez Swann(1913), nous tentons ici d'exposer le dernier état de la traduction coréenne de l'oeuvre de Marcel Proust avant d'examiner les conditions préalables de la traduction concernant l'établissement du texte. Depuis 2010, trois nouvelles traductions coréennes sont, soit achevée, soit en cours de publication, arrivées afin de remplacer enfin la première et seule traduction complète (1977) de la Recherche du temps perdu par Kim Chang-Suk, traduction remarquable mais non sans nécessiter la révision, d'abord à cause de son style archaïque et difficilement accessible aux jeunes lecteurs, mais surtout à cause de la réforme du texte en France par ce qu'on appelle la « Nouvelle Pléiade »(1987). Tout riche de notes, de documents et d'esquisses, la nouvelle pléiade présente pourtant, aux yeux des généticiens, de nombreux problèmes non négligeables. Rien n'est moins surprenant, vu l'histoire tumultueuse des éditions de la Recherche, pleine de "découvertes"(des brouillons, mises au net, dactylographies, épreuves, etc.), de débats souvent virulents, d'annulations complètes ou partielles des éditions précédentes. À l'origine de cette instabilité perpétuelle du texte, se trouve évidemment l'inachèvement due à la mort précoce de l'auteur, mais aussi la tentative, de la part des premiers éditeurs, de dissimuler cet inachèvement, sans parler de la manière d'écrire de Proust, jamais linéaire, toujours fragmentaire, sporadique et répétitive. Le Temps retrouvé, dernier volume du roman, est au sommet des confusions : Souvent, les éditeurs divergent sur la place de tel ou tel passage. Les différences sont surtout visibles d'une édition à l'autre dans la dernière phrase du livre : reconstruction artificielle par les éditeurs qui, pour obtenir une cohérence syntaxique et sémantique, ont été tous obligés de réintégrer certains éléments biffés sur le cahier manuscrit - non sans, pour l'édition originale, une certaine part d'invention textuelle. La division de ce dernier volume avec le précédent, Albertine disparue, est un autre casse-tête pour les éditeurs, car, les manuscrits ne fournissant aucun repère de la démarcation, on ne sais pas où mettre la scène où le narrateur découvre la perméabilité entre deux « côtés » : cet épisode « capitalissime » doit- il être placé à la fin de l'avant-dernier volume ou au début du dernier volume? Mais nous sommes dans une situation beaucoup plus épineuse avec cet "avant-dernier" volume dont la dernière version, dite « dactylogramme Mauriac », semble détruire tout le roman. Proust, juste avant la mort, s'est mis à introduire une modification radicale dans ce volume presque achevé: suppression de la moitié du volume, et, partant, projet de trois ou quatre volumes qui seront placés entre la « version courte » d'Albertine disparue et le Temps retrouvé ; projet jamais réalisé qui nous laisse devant un texte complètement tronqué. Ainsi, le problème n'est pas seulement « comment traduire ?» mais aussi « traduire quel texte ? » Avec Proust, le travail du généticien devra, donc, accompagner ou même précéder celui du traducteur.
들어가는 말
Ⅰ. 프루스트 작품의 번역 현황(1966∼2013)
Ⅱ. 텍스트의 유동성 : 배경과 기본적 문제
Ⅲ. 저자 사후 출판권들의 경우
나가는 말
참고문헌
<Résumé>
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